Plainte du GEL, déferrement reporté pour les leaders du TI-MG

24 Nov 2022

Dominique Rakotomalala, le Président de Transparency International Initiative Madagascar, a été auditionné par la police économique ce matin. Son déferrement, ainsi que celui de Ketakandriana Rafitoson, la Directrice de TI-MG, qui devaient se tenir ce jour a été reporté. Tous les deux sont ressortis libres.

Les organisations de la société civile se sont mobilisées ce jour pour soutenir la Directrice Exécutive et le Président du Conseil d’Administration de Transparency International Initiative Madagascar qui ont été déférés au Parquet ce jour suite à la plainte du Groupement des Exportateurs de litchi pour dénonciation calomnieuse. Pour la société civile, le cas de Ketakandriana Rafitoson et Dominique Rakotomalala conforte davantage l’opportunité et la nécessité de l’adoption de la loi sur la protection des défenseurs des droits humains et des lanceurs d’alerte. Pareil cas pourrait en effet selon eux arriver aux autres membres de la société civile, alors qu’ils alertent ou informent sur des situations ou des décisions qui peuvent aller à l’encontre de l’intérêt général, d’ouvrir le débat public et de permettre aux plus précaires de faire entendre leur voix. A propos de ce conflit avec le GEL, les organisations de la société civile de souligner qu’elles connaissent bien les méthodes de travail de Transparency international et qu’elles ne pensent pas que l’association ou ses dirigeants s’aventureraient à des propos et actions sans fondement. Pour rappel, l’association Transparency International a saisi à une semaine de l’ouverture de la campagne de litchi les justices malgache et française, appelant les autorités à ouvrir une enquête sur de possibles faits criminels commis dans la filière. Le Groupement des exportateurs de litchi a par la suite contre attaqué cette démarche en portant plainte contre les dirigeants de TI-MG pour allégations mensongères.

Le cas de Ketakandriana Rafitoson, Directrice Exécutive et Dominique Rakotomalala, Président du Conseil d’Administration de Transparency International Initiative Madagascar (TI-MG) n’ a pas manqué de susciter les réactions de part et d’autre, notamment de la communauté internationale à Madagascar ou des organisations au sein des Nations unies comme le WWF.

Nous sommes conscients de l’importance jouée par les lanceurs d’alerte dans la vie de la nation et par rapport à tous les secteurs de développement du pays pour plus de transparence. Nous soutenons leur démarche lorsqu’elle est l’aboutissement d’investigations approfondies, de revues et de recoupements pour en assurer la véracité. a en effet déclaré WWF Madagascar aujourd’hui, en soulignant que les dénonciations et les lancements d’alertes doivent être encadrés par une législation adéquate et adaptée au contexte du pays. “C’est aussi dans ce cadre que la protection des lanceurs d’alertes devrait être une composante importante dans l’avant-projet de loi à adopter, a-t-il ajouté.

Mis à part les Etats-Unis d’Amérique, la Délégation de l’Union européenne à Madagascar et en Union des Comores a aussi indiqué ce jour qu’elle s’oppose à toute action qui pourrait affaiblir ou serait susceptible de miner la lutte pour la transparence, la redevabilité et la liberté d’expression. Elle a également martelé qu’elle soutient le peuple, le gouvernement, ainsi que la société civile malgache dans leur combat contre la corruption. La même position est adoptée par l’Ambassade des Etats-Unis et l’Ambassade du Royaume Uni.

 

Ambina Rkt