Deux accords de financement signés avec la BAD

17 Jan 2023

L’Etat malgache via la ministre de l’Economie et des Finances (MEF), Rindra Hasimbelo Rabarinirinarison et la Banque Africaine de Développement (BAD) via son Représentant Résident Monsieur Adam Amoumoun ont signé ce 17 janvier une convention de financement du programme africain de financement de la gestion des risques de catastrophe (ADRiFi) à Madagascar.

Il s’agit d’un financement additionnel d’un montant de 19,25 millions de dollars américains en faveur pour aider Madagascar à faire face aux chocs climatiques récurrents (sécheresse, tempêtes, cyclones). Ce financement, approuvé le 5 décembre 2022, provient de la Facilité d’appui à la transition – un mécanisme d’appui flexible du Groupe de la Banque – qui apporte un montant total de 13 millions de dollars (7,11 millions sous forme de prêt concessionnel et 5,89 millions de dollars de don). Le fonds fiduciaire multi donateur ADRiFi, apporte un don de 4,70 millions de dollars pour contribuer au financement de la prime d’assurance souveraine contre les sécheresses et les cyclones tropicaux ; et le gouvernement malgache, une contrepartie de 1,55 million de dollars.

Ce financement additionnel vient renforcer les acquis de la première phase du programme ADRiFi à Madagascar et sauvegarder les investissements de l’État dans les régions frappées par les tempêtes et les cyclones tropicaux.

Le financement additionnel du programme ADRiFi a pour objectif principal de renforcer la résilience et la réponse aux chocs climatiques en améliorant la gestion des risques de catastrophes naturelles et l’adaptation aux changements climatiques à Madagascar. Cet objectif de développement s’articule autour de deux piliers : renforcer la résilience financière de l’État face aux aléas climatiques à travers l’adoption de mécanismes de transfert de risques aptes à mobiliser les ressources financières pour une assistance rapide aux populations vulnérables en cas de catastrophe ; et renforcer la sécurité alimentaire et la résilience sociale des populations vulnérables impactées par les aléas climatiques dans le Sud et le Sud-Est du pays.

Le financement va servir entre autres à réhabiliter 100 salles de classes dans 50 établissements au niveau de 4 régions du pays (Atsinanana, Atsimo Atsinanana, Vatovavy et Fitovinany) et 10 districts. Il permettra aussi de construire 3 abris communautaires multi-usages dans les communes d’Antananarivo, Taomasina et Fenerive-Est, en vue de sécuriser les personnes et la production agricole en cas de catastrophe. Le financement permettra également de construire 2 magasins de stockage dans le Sud (districts de Bekily et Ambosoary), qui serviront de grenier communautaire pour la population locale, afin de faciliter la mise à disposition des graines en cas de nécessité. Le financement va aussi permettre d’acheter et de distribuer des vivres aux populations vulnérables. Au moins 64 000 ménages vulnérables (270 000 personnes dont 50% de femmes) recevront des packs de denrées alimentaires ; des rations alimentaires pour les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes et allaitantes afin de réhabiliter la situation nutritionnelle des localités à risque et améliorer la situation alimentaire et nutritionnelle de 14 000 ménages ayant des enfants de moins de 5 ans.

« Le financement additionnel du programme ADRiFi à Madagascar est un appui d’urgence de la Banque africaine de développement aux efforts du gouvernement malgache pour faire face aux tempêtes et cyclones tropicaux qui frappent durement et de manière récurrente le pays, pendant les saisons cycloniques et causent des dégâts touchant quasiment tous les secteurs : logement, éducation, santé, infrastructures administratives, routières, ferroviaires, hydro agricoles, énergétiques, etc. », a déclaré Mme Toda Atsuko, directrice du Département de la finance agricole et du développement rural à la Banque africaine de développement..

Du fait de sa position géographique dans l’Océan Indien, Madagascar est très vulnérable aux chocs climatiques. Au cours de la récente saison cyclonique 2021-2022, en l’espace d’un mois, le pays a été lourdement frappé par 6 tempêtes et cyclones tropicaux.

Les dégâts sans précédent causés par la saison cyclonique 2021-2022 ont aggravé une situation socioéconomique déjà peu favorable, et particulièrement dans le Sud, où la Banque africaine de développement est activement investie dans la sécurité alimentaire, la gestion des risques de catastrophe et le développement des infrastructures socioéconomique.

Grace au programme ADRiFi, en 2020, Madagascar a reçu environ 2 millions de dollars à la suite des fortes sècheresses qui ont impacté le Sud au cours de la saison agricole 2019-2020. En mars 2022, le pays a reçu un décaissement d’environ 10 millions de dollars à la suite du passage du cyclone Batsirai qui a fortement impacté les régions du Grand Sud-Est. Récemment en juillet 2022, le pays a encore reçu un décaissement additionnel de 797 049 de dollars en réponse au déficit pluviométrique dans le Sud au cours de la saison agricole 2021-2022.

« Ces décaissements de l’assurance de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques (ARC, African Risque Capacity, en anglais) viennent renforcer les efforts du gouvernement et ses partenaires techniques et financiers dont la Banque africaine de développement, dans la réponse face aux aléas climatiques à Madagascar. C’est dans cette même logique que s’inscrit le financement additionnel du programme ADRiFi, car il vient compléter les différents efforts au regard de l’étendue des besoins en matière de redressement post-catastrophe à Madagascar », a souligné Adam Amoumoun, responsable pays de la Banque dans la Grande Île.

Le financement additionnel est en conformité avec la Stratégie pays de la Banque à Madagascar (2022- 2026), la Stratégie décennale de la Banque (2013-2022). Outre la Stratégie de la Banque pour remédier à la fragilité et renforcer la résilience en Afrique (2022-2026), le financement est également en ligne avec deux des grandes priorités stratégiques de la Banque, ses « High 5 », notamment « nourrir l’Afrique » et « améliorer la qualité de vie des populations en Afrique ».

Un second accord qui s’élève à 3,49 millions USD permettront à la Grande Île de renforcer la résilience des écosystèmes et des populations face aux effets du changement climatique par des actions de mobilisation, protection, valorisation des ressources en eau a également été signé ce jour.

Durant sa prise de parole, la ministre de l’Economie et des Finances a insisté sur le fait que Madagascar doit renforcer sa capacité à faire face aux aléas climatiques. Et cette aide de la BAD arrive à point nommé.

Les deux personnalités ont profité de cette cérémonie pour exprimer leur satisfaction sur la collaboration entre leurs institutions.