Ravalomanana alerte sur l’État de droit à Madagascar après les drames d’Ambohimalaza et Ambositra

27 Jul 2025

L’ancien président Marc Ravalomanana a pris publiquement position ce 25 juillet 2025, à travers un communiqué, au sujet des récentes tragédies survenues à Ambohimalaza et à Ambositra. Il interpelle les autorités sur le respect des principes fondamentaux de justice et des droits humains, alors que les circonstances entourant la détention d’une femme accusée, ainsi que la gestion médiatique de l’affaire, suscitent de nombreuses interrogations.

Dans son communiqué, Ravalomanana dénonce une « justice transformée en spectacle », en référence à la diffusion télévisée d’aveux présentés comme ceux de l’accusée, en présence du président de la République et de plusieurs ministres. Il estime qu’il s’agit d’un mise en scène qui viole des règles essentielles comme le secret de l’instruction, la présomption d’innocence ou encore le droit à un avocat dès la garde à vue.

Il soulève également des préoccupations concernant les conditions réelles de détention de la principale accusée. Aucun avocat clairement identifié, aucune procédure judiciaire connue et la disparition de l’accusée de l’espace public inquiètent l’ancien président, qui évoque une atteinte grave à la dignité humaine et au droit à un procès équitable.

S’agissant des causes des décès, le communiqué remet en question les conclusions officielles évoquant une intoxication à l’atropine, issue du datura ou de la belladone. Ravalomanana affirme que les symptômes décrits (troubles neurologiques, digestifs et respiratoires) correspondent davantage à une intoxication au botulisme, et non à une intoxication atropinique. Il estime que les déclarations scientifiques officielles sont incomplètes, voire trompeuses.

L’ancien chef d’État demande avec insistance la publication du rapport toxicologique complet, la réalisation d’une contre-analyse indépendante avec l’appui d’organismes reconnus comme l’OMS ou l’Institut Pasteur, ainsi que le respect strict des droits de la défense. Il appelle aussi à la localisation urgente des personnes accusées et à la fin des intimidations contre les journalistes et les professionnels de santé ayant relayé des informations médicales.

Il alerte sur les risques pour l’équilibre institutionnel et le contrat de confiance entre le peuple malgache et les autorités. « Madagascar est à un moment de vérité », écrit-il, plaidant pour une restauration de l’État de droit dans sa forme « la plus exigeante ».

Ce communiqué, signé et diffusé depuis sa résidence à Faravohitra, marque une nouvelle intervention de Marc Ravalomanana sur la scène publique, dans un contexte de tensions croissantes autour de la gestion de l’affaire.

Iriantsoa Aina