Madagascar : Les OSC appellent à une transition encadrée et transparente
Deux mois après le mouvement populaire du 25 septembre, qui a vu la jeunesse et de nombreux citoyens descendre dans la rue au prix d’au moins vingt-deux vies, les Organisations de la Société Civile (OSC) expriment leur inquiétude face à l’évolution de la situation politique. Alors que beaucoup espéraient un véritable renouveau démocratique, la société civile constate que les pratiques du passé semblent perdurer, malgré l’urgence qu’invoquent les autorités pour assurer la continuité des services publics et honorer certains engagements internationaux.
Dans un communiqué, les OSC regrettent que des décisions majeures soient prises sans concertation, notamment la nomination du gouvernement et la présentation de la Politique Générale de l’État. Elles s’inquiètent également de discussions autour d’une éventuelle vente des stocks de bois de rose, une initiative qui entrerait, selon elles, en contradiction avec l’embargo international toujours en vigueur et risquerait de légitimer des années de trafic. D’autres signaux, comme la libération de certains détenus ou l’impunité accordée à des personnalités impliquées dans des trafics, alimentent un sentiment d’injustice. Les organisations de la Société civile dénoncent par ailleurs des violations de la Constitution, évoquant notamment le lancement d’un recrutement pour des postes qui devraient être pourvus par élection.
Pour les OSC, ces dérives posent une question centrale : le pays a-t-il réellement changé de cap ou a-t-il seulement changé de visages ? Elles rappellent que le pouvoir en place, issu d’une intervention militaire et autorisé par une décision de la Haute Cour Constitutionnelle qui a rendu « envisageable » une transition de deux ans, ne peut se substituer à la souveraineté populaire. Elles estiment que Madagascar est déjà entré dans une phase de transition et que celle-ci doit être définie par des règles claires, une durée fixe, des structures inclusives et un mécanisme partagé pour préparer des élections libres et transparentes.
La Société civile appelle les autorités à ne pas trahir l’espoir placé en elles et à engager immédiatement un processus de consultations pour encadrer la transition. Elle invite le FFKM, chargé de piloter la concertation nationale, à clarifier rapidement sa méthodologie, son calendrier et les garanties d’indépendance et d’inclusivité du processus. Enfin, elle exhorte les forces vives du pays et l’ensemble des citoyens à rester mobilisés, vigilants et exigeants, soulignant que le changement ne sera effectif que s’il est porté collectivement. Les OSC réaffirment être prêtes à apporter leur expertise pour garantir la transparence, l’inclusion et l’efficacité de ce processus. Des termes de référence clairs ont déjà été soumis aux autorités.
